|
Partager 
Rapport du Gouvernement sur la reconstitution de l'unité du Jura
Position du groupe PCSI
Le groupe PCSI a pris connaissance du rapport du gouvernement et apprécie particulièrement le ton engagé de ce rapport 2010. Nous soulignons l’excellent travail de l’AIJ et notamment de son président Serge Sierro. Un travail de qualité que certains ont pourtant osé dénigrer, ce qui les décrédibilisent à nos yeux. Une attitude regrettable qui ne saurait toutefois remettre en question l’appréciation générale très positive à l’égard des travaux de l’AIJ. Nous partageons l’avis que la présidence de l’AIJ doit être supervisée par la Confédération afin de garantir une neutralité qui, même lorsqu’elle ne souffre d’aucun doute est quand même contestée !
Depuis plusieurs années, il a été demandé aux militants jurassiens d’étouffer leurs revendications afin de laisser l’AIJ travailler en toute sérénité. Après le rapport Widmer, l’AIJ a confirmé le bien fondé de l’idéal jurassien dans rapport final et donc que le temps de la réflexion nous semble arrivé à son terme. Nous constatons avec grand plaisir que le gouvernement prend la mesure de la prochaine étape, à savoir un vote prochain sur un nouveau canton englobant les six districts francophones du Jura historique. En engageant un délégué aux affaires jurassiennes, il rattrape le Canton de Berne qui avait depuis longtemps franchi le pas de manière certes discrète et moins officielle. Mais les Jurassiens ne doivent pas se faire de complexe inutile, la légitimité du Peuple jurassien à vivre uni dans le même état ne peut être contesté.
Le PCSI n’entend pas non plus entrer dans le débat d’un remodelage des cantons par des fusions de cantons basées sur des considérations économiques ou théoriques de masse critique arbitraire. Il suit en cela le gouvernement et rappelle que le Peuple jurassien n’est pas une théorie ou un concept, mais bien une réalité historique et permanente qu’il s’agit de rétablir dans un nouvel état à six districts. De tels aménagements théoriques oublient l’importance fondamentale de posséder le pouvoir de l’autogestion dans le développement d’un Peuple, il en garanti même l’existence ! Mais le PCSI est par contre parfaitement convaincu de la nécessité de poursuivre sur la voie des collaborations intercantonales au sein de l’Arc Jurassien. C’est un espace fonctionnel et les collaborations sont naturelles et indispensables. Il y a tout lieu de les renforcer à cette échelle : notamment en terme de formation et du tourisme.
Seule remarque divergente sur le rapport, c’est la mention que la ville de Bienne n’aurait pas été concernée par les décisions du Congrès de Vienne. La ville de Bienne a fait partie de l’ancien évêché de Bâle. Elle a partagé le destin du Jura historique tout autant que les autres districts devenus bernois au dramatique Congrès de Vienne. C’est une fois de plus l’ancien Canton qui a défini de manière unilatérale les limites du Jura dit bernois, en excluant Bienne. Mais pour autant, la ville de Bienne a toujours su chérir une certaine liberté face aux Princes-évêques. Mais il est clair qu’elle n’a pas été concernée par les différents votes jurassiens, notamment celui de 1974. Elle ne saurait donc revendiquer un statut de co-décision dans la situation actuelle. Qu’elle désirerait, une fois la création du nouveau canton une fois établi, y adhérer, la question méritera d’être posée sereinement. Nous pensons également que la proximité d’une frontière cantonale avec un nouvel état francophone avec la ville de Bienne renforcera sa composante francophone.
Pour le PCSI, l’heure est venue de passer au concret. L’intérêt de la population est établi avec la bonne participation aux séances d’informations de l’AIJ. La question de la création d’un nouvel état à six districts doit enfin être posée aux populations jurassiennes. La Confédération doit peser de tout son poids afin de permettre que ce vote se réalise dans les meilleurs délais et en toute sérénité. Les Jurassiens ont remplit leur part du contrat jusqu’à aujourd’hui et il n’y a aucune raison que le Canton de Berne n’agisse pas enfin de manière équivalente. Il ne nous est pas concevable d’avoir une simple répétition du déni de la Commission Widmer avec un nouvel accord. La Question jurassienne doit pouvoir, 36 ans après le plébiscite libérateur, trouver à nouveau le chemin des urnes afin, nous l’espérons, de redonner au Peuple jurassien l’unité qu’il aurait du garder au soir du 23 Juin 74.
Nous sommes conscients que le gouvernement sera mis à rude épreuve pour faire accepter au gouvernement bernois l’incontournable issue du rapport de l’AIJ, à savoir l’organisation d’un nouveau vote. Il est cependant nécessaire de travailler au projet qui sera soumis à votation. Il faut impérativement déterminer une stratégie et un échéancier. Il serait peut être d’ailleurs plus opportun d’élire d’abord une constituante avec toutes les tendances politiques jurassiennes, de la laisser élaborer un projet proche du rapport final et de soumettre ensuite son projet à la population du Jura des 6 districts. Cela permettrait de garantir un maximum de participation de toutes les composantes politiques de la futures société jurassienne et augmenter le potentiel de réussite du nouvel état à 6 districts.
Le PCSI en tous les cas se réjouit de voir la détermination du gouvernement jurassien sur ce dossier et l’encourage à poursuivre sur cette voie.
Pour le groupe PCSI
Pascal Prince
|