EFEJ doit-il devenir un établissement autonome ? PDF Imprimer Envoyer
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En octobre dernier, une majorité de citoyens jurassiens n’a pas voulu du crédit relatif à la construction d’un nouveau centre en faveur des demandeurs d’emploi. Mais au-delà de cette votation demeure une autre problématique; le centre EFEJ  (espace formation emploi jura) doit-il devenir un établissement autonome ou conserver son statut actuel ?

 

La question du statut, ou de la structure juridique d’EFEJ, s’est effectivement posée lors du débat au Parlement sur le crédit visant à déplacer ce centre de compétence en faveur des demandeurs d’emploi et des entreprises de Bassecourt à Courtételle.

 

Compte tenu du fait que le montage financier présenté par le Gouvernement avait été réalisé en tenant compte de la structure actuelle, il n’était plus question de reconsidérer le statut juridique propre à  EFEJ en cours de débat. Et d’ailleurs, en cas d’acceptation du crédit par le peuple, il aurait été probablement plus difficile, mais pas impossible, de revenir avec cette réflexion.

 

Le débat d’octobre dernier sur le crédit destiné au projet EFEJ+ a mis en lumière non seulement la problématique de la localisation de ce centre de compétence  mais également son fonctionnement, sa gouvernance, son organisation. Un examen quelque peu approfondi de la structure juridique actuelle d’EFEJ (structure directement rattachée à l’Etat) nous démontre qu’elle ne résiste pas à l’analyse même si elle comporte certains avantages, En effet, il apparaît évident qu’un statut d’établissement public autonome serait plus judicieux dans la mesure où EFEJ serait  avant tout détaché du service des arts et métiers mais resterait, d’une certaine manière, sous le contrôle de l’Etat. Il y gagnerait assurément en indépendance et en visibilité.

 

Nombreux sont les exemples d’établissements autonomes, voire de fondations, qui sont au service de la population et dont personne ne remets en cause leur statut spécifique ; établissement cantonal d’assurance, hôpital du Jura, fondation rurale ou d’autres fondations. L’Etat y conserve, au travers de ses représentants dans les conseils de fondation ou d’administration, un rôle prépondérant.

 

La structure actuelle d’EFEJ comporte de multiples collaborations transversales entre EFEJ et d’autres services, notamment avec les ORP ou avec d’autres services de l’Etat. On peut y voir un avantage. A contrario, une trop grande proximité, pour ne pas dire une certaine complicité entre ces différents services est parfois interprétée par les demandeurs d’emploi comme un manque d’indépendance, précisément entre ceux qui ont à indemniser (ou à pénaliser !) les chômeurs et les services qui ont à les prendre en charge en vue de leur proposer des cours ou des formation et ainsi les réinsérer dans le marché du travail.

 

On observe en outre que la structure actuelle demeure assez imperméable s’agissant de collaborations avec d’autres organismes qui offrent des programmes de formation, par exemple le Centre interrégional de perfectionnement de Tramelan (CIP), Caritas Jura,  Regenove à Tramelan (pour les demandeurs d’emploi des Franches-Montagnes) ou encore avec IPT (intégration pour tous)

Les collaborateurs du SAMT ont régulièrement affirmé que les formations dispensés à EFEJ présentent un coût inférieur à celles proposées, par exemple au CIP, sans pour autant en apporter la preuve. Quant bien même le meilleur marché n’est pas forcément le moins cher à terme, il faut rester extrêmement prudent lorsque l’on parle de formation pour les chômeurs et ne pas négliger la qualité dans les comparaisons. C’est les doublons qu’il convient d’éviter avant tout chose. Par contre, la complémentarité doit nous interpeller et être prise en compte.

Dès lors qu’il existe déjà des possibilités de formation ou de perfectionnement quelque part dans la région jurassienne, il faut absolument en profiter.

 

Enfin, avec le statut d’un établissement autonome, le directeur d’EFEJ pourrait s’appuyer sur les options ou les recommandations d’un conseil d’administration (ou de fondation) composé de personnalités issues des milieux de l’économie et du travail. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

 

Dès lors et compte tenu des défis futurs à relever s’agissant du soutien à apporter aux demandeurs d’emploi, le gouvernement jurassien doit étudier sans délais la possibilité de faire d’EFEJ un établissement publique autonome.

 

Vincent Wermeille

 

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