Agir contre la violence PDF Imprimer Envoyer
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Des événements récents ont mis en lumière un fait social récurent : la violence dans notre société. Violence urbaine, violence nocturne, mais aussi violence familiale ou dans le milieu professionnel.

Disons-le d’emblée, elle est inacceptable, quelle que soit sa forme, quelle que soit sa motivation.

Après la prose absconse et confuse du conseiller national Baetig et l’invitation faite par le juge au tribunal des mineurs Richon aux politiciens de donner l’impulsion en faveur de contrôles de police supplémentaires, essayons d’apporter quelques éléments de réflexion et d’indignation supplémentaires.

 

La violence n’est pas gratuite

Trop souvent on parle dans la presse, et pas seulement sous la plume des journalistes, de violence gratuite. Ce qualificatif est particulièrement inadéquat. La violence a un prix et elle induit des conséquences lourdes pour les victimes. Même si les coups n’ont pas d’effet physique mesurable. Cette fausse gratuité ne doit pas être portée au bénéfice des auteurs qui doivent rendre compte de leurs actes, s’amender et accepter une punition justifiée.

 

Les victimes et les futures victimes doivent être protégées

La peur du gendarme ne fonctionne pas qu’au bord des routes. Dans nos cités, le soir et la nuit aussi, des patrouilles de police doivent rassurer les citoyens et dissuader les auteurs de violence. Mais ces patrouilles doivent être respectées. Ce n’est pas par des quolibets ou autres moqueries que les potentielles futures victimes encourageront les agents de la sécurité à effectuer leur travail avec l’efficacité attendue. Ces agents sont des êtres humains comme vous et nous, ils doivent pouvoir effectuer leur travail dans des conditions humaines et respectueuses.

 

La justice ne doit pas être étouffée par le juridisme

Toute personne touchée par un acte de violence doit être rapidement entendue et sa plainte doit être enregistrée avec respect, sans préjugé. La condition de devoir confirmer l’agression par un constat médical avant de pouvoir déposer plainte est excessive. Tout d’abord parce que toute violence n’entraîne pas nécessairement des contusions physiques, parce que cela reporte le fardeau de la preuve sur les urgentistes qui ont autre chose à faire, et parce que cela induit un écart de temps disproportionné entre l’acte et le dépôt de plainte. Il devrait être possible de  faire enregistrer immédiatement sa plainte, sur place ou auprès d’une autorité la plus proche, quitte à ce qu’ensuite le service chargé d’instruire cette plainte demande à la victime des informations complémentaires. Renvoyer la victime à venir déposer plainte le lendemain dans un poste de police peut obliger la personne a devoir prendre congé, ou à se remémorer après coup des événements traumatisants.

 

Le ministre de la justice a signalé en séance du  Parlement du 23 mars que les nouvelles dispositions du code pénal ont sensiblement compliqué les procédures liées aux dépôts de plaintes. Il a même annoncé la prochaine obligation d’engager des agents supplémentaires. Nous soutiendrons ces renforts de police, mais cela ne doit pas être pour satisfaire un juridisme de mauvais aloi, mais pour protéger efficacement et pour prévenir.

 

Informer pour prévenir et réagir

Il est pénible d’entendre des victimes ou leurs proches exprimer leur crainte de dénoncer et de porter plainte en raison des risques présumés de vengeance. Si ce risque est avéré, il doit être combattu avec énergie car il est inadmissible que la victime subisse une double peine : celle d’avoir subi et de ne pas être reconnue devant la justice. Et si cela devait être une mauvaise et fausse rumeur, il faut informer clairement, affirmer que la confidentialité et la protection de l’identité des victimes est une règle fondamentale. La victime ne doit pas être confrontée à son agresseur et les procédures de médiation entre parties  ne se font que dans des conditions précises et acceptées de chacune des parties.

 

Une distribution de fichets d’information indiquant comment agir en cas de violence, en face de l’agresseur, puis pour dénoncer, serait sans doute utile. Ne serait-ce que pour éviter des affirmations souvent infondées qui ne font que renforcer le sentiment d’impunité des agresseurs.

 

PCSI-Jura

 

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