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Ca y est, la bataille des chiffres 2010 est lancée. Après une timide charge en juillet et en août avec l’annonce de l’augmentation des primes de quatre assurances maladies (une innovation en la matière !), la charge s’avère cette fois moins feutrée. L’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) vient de publier son monitoring sur l’évolution des coûts de la santé durant le premier semestre 2010. Les chiffres fournis sont ceux de Santésuisse, l'association faîtière des assureurs maladies. Ils servent surtout de base au calcul des primes 2011 pour les assurances maladies. Selon ces données, le canton du Jura connaît la plus forte progression des coûts avec +14.7% par rapport à 2009 (+4,5% pour l’ensemble de la Suisse). A peine sortis, ces chiffres font l’objet, à juste titre, de nombreuses critiques en vertu de leur manque de fiabilité. Il n’empêche qu’au final, après une hausse déjà forte pour 2010, les primes vont à nouveau augmenter de manière musclée l’année prochaine. Cerise sur le gâteau, les jeunes adultes (19 - 25 ans) pourraient être particulièrement touchés en raison d’une mesure prise dernièrement par l’OFSP pour réduire le rabais qui leur est accordé. Citoyens, ouvrez vos portefeuilles !
Cœur du problème
Les milieux proches de l’économie ont beau avancer que si la demande augmente dans le domaine de la santé, elle stimule l’offre et engendre ainsi également des bénéfices. Il n’en demeure pas moins que le partage des richesses ne se fait pas de manière égale sur toute la population. La seule lecture du PIB ne reflète pas la réalité ! Par ailleurs, il n’est pas non plus correct de rejeter la faute uniquement sur les assurances maladie. La hausse des dépenses de santé s’explique, bien entendu, aussi par les progrès de la médecine, la fréquence de recours aux soins,…
Le véritable cœur du problème semble in fine davantage être que le bateau de la santé navigue à vue, tantôt gouverné qu’il est par des acteurs hétéroclites et contradictoires (Assureurs, OFSP, Cantons, Hôpitaux,…). Entre rétention d’information, fausses menaces et rapports de force, aucune solution ne sera trouvée. « Il ne faut pas changer de pansement mais penser le changement » affirmait l’humoriste français Francis Blanche dans un tout autre contexte.
Quel objectif ?
Le véritable enjeu est donc de réussir à mettre sur pied un système de gestion de la santé qui réunisse autour de la même table les principaux acteurs que sont les patients, les médecins, les cantons et les assureurs. La création d’une Caisse Maladie Unique à une échelle donnée est une piste pour y parvenir. Il ne sera pas possible de tout solutionner en un seul coup de baguette magique ni de réduire drastiquement les dépenses de santé sans faire de sacrifices. Mais la seule fixation d’objectifs et de solutions partagés entre les principaux acteurs sera bénéfique à tout le monde. Personne n’a intérêt à ce que les primes explosent chaque année, pas même les assureurs !
Guillaume Lachat – Député suppléant PCSI
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