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Les débats sur l’énergie éolienne ont le vent en poupe. Faisons le point. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut diversifier notre approvisionnement énergétique et qu’il faut développer les énergies renouvelables. L’Arc jurassien est une région propice pour la production d’énergie éolienne. Il faut veiller à ce que l’énergie produite puisse être également consommée sur place. En revanche, il ne sera jamais possible de s’accorder sur l’impact paysager d’une éolienne, la subjectivité d’une telle question étant trop importante. Le seul point de ralliement concernant l’impact paysager reste la nécessité de développer des parcs éoliens plutôt que de disséminer des turbines dans la nature.
Rien de nouveau à l’horizon. Reste le cœur du problème, la question économique. Et là, la gestion publique n’est pas des plus sereines. Les vendeurs de vent ne se sont pas gênés. Ils ont su largement en profiter.
Prenons un exemple. Tout récemment, la commune de Muriaux a reçu le permis de construire pour implanter 3 éoliennes au Peuchapatte. D’un point de vue financier, il y a trois gagnants dans l’affaire.
Premièrement, le privé qui possède les terrains sur lesquels seront implantées ces éoliennes. Il touchera sans rien faire une somme avoisinant 8'000 SFr./an (240'000 SFr. sur 30 ans). Intéressant !
La commune est bien entendu aussi gagnante (Muriaux a d’ailleurs négocié des montants historiquement hauts). Elle touchera une somme de 50'000 SFr./an (1'500'000 SFr. sur 30 ans) ainsi que le produit des impôts d’Eole Jura, filiale d’Alpiq, qui a déplacé son siège social dans la commune. Nul doute que cet apport est important pour les finances de la commune.
Reste la société Alpiq, promotrice des trois éoliennes. Alpiq annonce un investissement de 18 millions de francs pour les trois éoliennes. La vente de 4 millions de kilowatts-heure par an et par éolienne lui rapportera 2.4 millions de SFr./an. Et ceci sans prendre aucun risque économique. Si Swissgrid accepte ce dossier (et ce sera très certainement le cas), le rachat de l’énergie produite est garanti par la Confédération pendant 20 ans en tout cas. Si on y déduit les indemnités versées au privé et à la commune, l’entretien des éoliennes et les frais financiers, il reste quand même à la fin de l’année un bénéfice de près de 750’000 SFr./an (soit 22 millions de SFr. sur 30 ans).
Au bilan final de l’opération financière, nous avons donc le privé qui touche 8'000 SFr./an, la commune 150'000 SFr. et le promoteur 750’000 SFr. Il y en a qui ne brassent décidément pas que du vent !
La leçon à tirer : il est important que toutes les communes soient informées sur ces réalités chiffrées avant la visite des sociétés promotrices de l’éolien pour être mieux armé dans les négociations. Mais beaucoup plus important encore, il est grand temps que les autorités investissent elles-mêmes dans les éoliennes. Un projet de société de gestion éolienne est actuellement en cours de discussion à l’échelle BEJUNE. Il est impératif que ce projet se développe rapidement.
PCSI - Guillaume Lachat
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